À propos de la morse

Mon nom n’est ni joli ni important. C’est un prénom français signifiant « qui apporte la victoire ». Bien que je ne l’aie pas choisi, je m’y suis habituée et parfois même, je l’apprécie, comme c’est parfois le cas des mariages arrangés. Enfin, c’est ce qu’on m’a dit.

Ce qui, par contre, est plus important, c’est que je vis depuis douze ans avec une sclérose en plaques, autre élément de ma vie que je n’ai pas choisi.

La SEP fait peur. Elle est imprévisible. Elle nous force à affronter nos angoisses les plus profondes. Mais à mes yeux, c’est aussi une charade.

Trois mois avant le diagnostic, j’ai fait un rêve incroyable. Mon rêve. Le rêve auquel je m’accroche quand la réalité chancèle.

Le temps est clément. Je me promène avec un ami dans un quartier résidentiel et calme. Nous avançons vers une maison individuelle. Un escalier, sur la droite, mène vers un jardinet à l’arrière de la maison. Mon ami soudain n’est plus là. Je descends les marches. Le jardin est aride avec deux pauvres arbres sans feuillage.
En me retournant j’aperçois une porte de garage, unique accès vers la maison. Je m’y aventure.
Alors que je pénètre dans le sombre garage, une énorme femelle morse s’avance en oscillant vers moi. Lentement. Très lentement.
Mon dieu qu’elle est impressionnante ! Je n’ai jamais rien vu d’aussi colossal. Sa tête effleure le plafond, pourtant élevé du garage.
A chacun de ses mouvements, son énorme corps gélatineux vacille, comme traversé par une invisible vague.
Je ne peux pas bouger. Je ne peux pas parler. Je ne peux que la regarder.
Son visage amène ne porte pas de défenses. Lorsqu’elle n’est plus qu’à un ou deux mètres de moi, elle s’arrête et me fixe de ses yeux ourlés de très longs cils. Je sens bien qu’elle ne veut pas m’effrayer, au contraire. Mais elle est si imposante !
Elle se met alors à parler. Et me raconte une charade.
En mon for intérieur, je sais qu’il me suffit de résoudre cette charade pour qu’elle me laisse continuer mon chemin…

C’est alors que je me suis réveillée.
J’avais oublié la charade !

Je crois en ce rêve. Si la SEP était un animal, ce serait une morse, énorme, sans forme précise, impressionnante mais souriante.

Je sais qu’il me faut résoudre cette charade pour avancer.

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